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Nouvelle pour le Concours Claude Nougaro (MidiPy Only)

 
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Axelle
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Localisation: Trois pas sur ta gauche... Pivote de 38°, avance de 50 petits pas... Creuse 30m... ESSAIE ENCORE !

MessagePosté le: Sam 13 Fév - 23:26 (2010)    Sujet du message: Nouvelle pour le Concours Claude Nougaro (MidiPy Only) Répondre en citant

B'soir

Donc voici une nouvelle que j'ai écrite pour un concours... En toute objectivité j'ai un bon style donc si vous vous ennuyez (ou même sans cela) vous pouvez jeter un oeil ! Ce n'est pas très long la limite étant donnée à 15 pages dactylo, Times 12 + double interligne...

Je crains hélas de laisser cette oeuvre incontestable ( Cool ) aux barbares (S & Kikoos, même topo Shocked )



Donc voilà, vous pouvez toujours critiquer puisque pour le moment tout mon lectorat est tombé raide d'admiration (hihi je suis trop fière)





-- AVERTISSEMENT --      
 
Ca peut sembler être à l'eau de rose, surtout au début. J'avoue que c'est beaucoup plus romantique que ce que j'ai l'habitude d'écrire, mais bon, faut varier les styles, d'ailleurs pour vous démontrer que je n'écris pas que de ça (pour ne pas dire pas du tout, en fait l'objectif absolu c'est le style), je posterai dans un sujet autre une nouvelle sanglante que j'ai commencée aujourd'hui... Bon ce n'est que la première mouture donc côté style ça ne vait pas Chimères !  
 
     
Je laisse le fichier ici : http://www.sendspace.com/file/m16tx5Et je le poste aussi là :



Chimères 
 
C’est elle ! Enfin. Mon cœur se met à battre un peu plus fort. Elle, c’est Tsuki. Ca veut dire la Lune, en japonais, paraît-il. Ca lui va bien. Sa mère est nippone, mais son père est français. Un charmant mélange, elle a le plus beau visage du monde. Enfin, je ne l’ai vue qu’en photo, sur MSN. Depuis plusieurs mois, son faciès angélique me hante comme un fantôme divin.Un clignotement orange me tire de ma rêverie. Je dirige fébrilement mon curseur sur la barre des tâches et clique sur le bouton coloré indiquant : ~Tsuki-kun~ ! ~ (l).~Tsuki-kun~ ! ~ (l). dit, 18:12 :
Konbawa Alex-San !



Alex, c’est moi. Alexandre, le premier homme. J’aimerais bien être le premier homme sur la Lune.


Alex’  dit, 18:13 :
Coucou Tsukinette !
Tsuki-kun~ ! ~ (l). dit, 18:13 :
Ca va ?
Alex’ dit, 18:14 :
Yep et toi ?
Tsuki-kun~ ! ~ (l). dit, 18:15 :
Genki desu ! Quoi de beau ?
Alex’ dit, 18:15 :
Rien, et toi ?


Non, rien, je suis chaque jour un peu plus fou de toi et chaque seconde un peu plus indigne de t’approcher. Si tu savais combien je donnerais pour poser mon regard sur toi, oh ! Tsuki, une fois, rien qu’une.
                 
Tsuki-kun~ ! ~ (l). dit, 18:17 :
Je pars au Jap’ dans deux semaines ! Happy !  Very Happy
Alex’ dit, 18:17 :
Yeaaaaaaaaah ! Tu loupes des cours alors ?
Tsuki-kun~ ! ~ (l). dit, 18:18 :
Oui mais mon PP est super sympa, il n’a pas fait de difficultés ! Par contre ma prof de français m’a demandé une dissert’ de cinq pages mini sur le mode de vie nippon, « entre traditions et modernité. » Pff…


Alex’ dit, 18:19 :
Facile ! ;P


Pour elle, facile. Elle est brillante. Intelligente, cultivée, vive, polyglotte. Belle. Sa dissertation sera géniale. Sa prof s’extasiera longuement sur ses belles phrases et ne manquera pas de déclamer quelques envolées à ses élèves et de donner les mots divins en pâture à ses collègues.


Tsuki-kun~ ! ~ (l). dit, 18:20 :
Hum. J’ai pas que ça à faire moi !
Alex’ dit, 18:21 :
Rooh, ça te prendra deux heures…
Tsuki-kun~ ! ~ (l). dit, 18:22 :
C’est long deux heures quand on pourrait aller baver devant les vitrines !
Alex’ dit, 18:23 :
Toi t’es bien une fille !  Razz


Je souris, tout seul. Ce n’est pas une fille, non. C’est la fille. Et puis, qu’elle aille donc, chaque vêtement qui frôlera sa peau de neige en sera sublimé.


Tsuki-kun~ ! ~ (l). dit, 18:24 :
Hého, fière de l’être, espèce de garçon !


Une fois, Tsuki, mon ange, une seule fois, ne pourrais-tu pas dire « homme » ? Ne suis-je donc pour toi qu’un gamin barbouillé, une brebis égarée ?


Alex’ dit, 18:26 :
>.<
Tsuki-kun~ ! ~ (l). dit, 18:26 :
:’(
Alex’ dit, 18:26 :
Pleure paaaaaas !


Ce n’est qu’une vulgaire émoticône en apparence mais, pour moi, c’est bien plus que ça ; c’est la seule trace visuelle de ses émotions. Deux points, apostrophe, parenthèse ; mon cœur explose.


Tsuki-kun~ ! ~ (l). dit, 18:27 :
Je boude. Nah.
Alex’ dit, 18:27 :
Pourkwaaaa ?
Tsuki-kun~ ! ~ (l). dit, 18:28 :
Parch’que, d’abord, j’fais ch’que j’veux !


Sa phrase arrache un sourire à mon cœur qui meurt d’amour. Mais si je montre que je souris, elle va jouer dans le mélodramatique et je ne rirai plus du tout. Je la connais bien… Mais ce n’est pas assez. Je la suivrai jusqu’au bout du Monde si je le pouvais, je nagerais jusqu’au Japon pour la connaître mieux, je volerais jusqu’à Lille pour frôler le sol qu’elle a foulé. Au lieu de ça, je réponds :


Alex’ dit, 18:28 :
:’(
Tsuki-kun~ ! ~ (l). dit, 18:28 :
:O
Alex’ dit, 18:28 :
)’:
Tsuki-kun~ ! ~ (l). dit, 18:28 :
Mais >.<


Mon sourire s’épanouit. Ah, ce que j’aime quand elle fléchit sous la larme ridicule du smiley-qui-smile-pas-du-tout ! Peut-être, après tout, qu’elle ressent quelque chose pour moi… ? Grotesque.


Alex’ dit, 18:30 :
D=
Tsuki-kun~ ! ~ (l). dit, 18:31 :
…C’est quoi ce smiley… ? xD
Alex’ dit, 18:31 :
Ahah ! Tu tires plus la tronche ! Youhou !


Je ris, mon cœur s’enflamme. Je l’aime, ce que je l’aime ! C’est idiot, quand on y pense, avant de la connaître, jamais je n’aurais imaginé succomber au charme lumineux des mots bleus sur l’écran blême.
Elle aime le bleu. Elle en met partout. Sur ses vêtements, dans ses cheveux, le change en mots, en phrases, en poésie, en rire, en larmes, en amitié… Moi, j’absorbe tout ce bleu, bleu roi, bleu ciel, bleu nuit. Elle est la Reine du Ciel de mes Nuits, la Lune qui éclaire mon Cœur.
Je lui dirai les mots bleus, les mots qu’on dit avec les yeux…


Alex dit, 18:37 :
A tout’ ! Je vais sortir le chien.
Tsuki-kun~ ! ~ (l). dit, 18:38 :
Okay, bisous au cabot plein de puces !


J’ai un rire amer. Le chien, hein ? Et moi ? Quoi que, de là à me considérer moi-même comme un labrador baveux, il n’y a qu’un pas !


Alex dit, 18:39 :
Il te dit ouaf.
Tsuki-kun~ ! ~ (l). dit, 18:39 :
;D
Alex’ dit, 18:40 :
Bon j’vais pas traîner ! Bises à plus !


Je me déconnecte, le cœur léger et le sourire aux lèvres. Tsuki… Prénom exquis ! Distraitement, j’accroche la laisse au collier du toutou, lui tapote l’échine et ouvre la porte, tandis que le jeune chien trépigne d’impatience, sa langue pendante projetant des gerbes de salive épaisse de toute part.
- Beurk, Sauron ! Tu pourrais faire attention !
Oui, oui, Sauron, du Seigneur des Anneaux. Je les connais tous par cœur pour les avoir visionnés des dizaines de fois. En VO et VF, piratées bien sûr. Je suis un « geek », comme on dit, et je l’assume ! Sans cela, je n’aurais jamais rencontré la prunelle de mes yeux, mon rêve éveillé, ma délicieuse honte, mon amour, ma sirène, ma muse, ma nymphe, mon cœur, ma douce… Ma Lune, ma Tsuki.
Rêvassant, je manque trébucher quand Sauron démarre en trombe, apercevant un chat de gouttière bondissant d’une poubelle. J’ai descendu les étages sans les voir.
- Hé ! M’écrié-je.
D’un coup sec, je rappelle à l’ordre le labrador qui pleurniche, peiné d’avoir laisser détaler son jouet.
Je laisse échapper un soupir exaspéré et reprends mon tour quotidien. J’aime bien promener le chien car, ainsi, je suis en paix et je peux réfléchir sainement. Réfléchir à quoi ? A elle. A la première rencontre que j’imagine, tournant et retournant les possibilités dans mon cerveau meurtri. Elle sourit, elle m’appelle, elle court vers moi. Ou bien se noie, je la sauve, elle me doit la vie et m’offre son cœur, elle… Tant d’hypothèses absurdes et exquises, des fruits défendus que je croque en rêve… Elle est partout en moi. Dans ma tête, dans mon cœur, dans mon sourire, dans mes mains, dans chaque mot, chaque geste. Elle me compose, me possède, me modèle, m’étire, me brise, me recolle, me tient dans ses bras impalpables comme dans un étau. Je suis suspendu, épave, à ses mots, j’espère ardemment qu’elle me libère mais rien ne vient, nulle sentence, nul mot doux, juste des futilités adorables et des lettres bleues comme des confettis.
Déjà, la promenade est finie. Mon coeur sans cesse blessé soupire de tendresse. Il fait bon mais pourtant un frisson me parcourt. Je suis transi d’amour.
Ma mère m’appelle. Je sursaute mais ne proteste pas, reconnaissant de son intervention qui a momentanément chassé les larmes acides de mon cœur. Mon cœur rongé, mon cœur meurtri, mon cœur douloureux, mon cœur amoureux, rongé, meurtri, douloureux, amoureux, rongé, meurtri, douloureux amoureux, rongé, meurtri, doul…
- Alexandre ! Dépêche-toi !
A nouveau, je bondis, me ressaisis et cette fois, me dirige d’un pas décidé vers la cuisine.
- J’arrive, M’man !
Les couverts s’entrechoquent, la cocote siffle, la poêle crépite. La télévision allumée diffuse le 20h en sourdine. Ma mère commente l’actualité, je réponds distraitement. Soudain, une assiette m’échappe. L’émail se brise sur le sol en un bruit assourdissant qui me déchire les tympans. Maman peste. Que je suis gauche ! Penaud, je balaye, remplace l’assiette et vais me doucher.
L’eau brûlante coule délicieusement sur mon visage, glisse sur mon corps, morsure insoutenable et exquise. Sous les vapeurs javellisées de l’eau de ville, je prends conscience de mon insignifiance. Ma vie n’est qu’une succession d’obéissances et de futilités. Je suis une goutte d’eau parmi tant d’autres, identique, perdue. Un corpuscule d’eau polluée qui rêve de monter au ciel. Enchaîné à ce corps douloureux, limité, je ne vis que pour le songe, diamant mal dégrossi qui aspire au chef d’œuvre.
Ma vie n’est rien. Rien sans Elle, rien loin d’Elle. Rien. Trop de rêves vains m’enchaînent à ce corps de chair. Mon âme est cloîtrée dans cette enveloppe douloureuse, inutile. Je ne suis qu’une prison pour moi-même. Et Tsuki est ma geôlière. L’espoir unique du détenu, le fragment d’humanité qui nourrit l’homme rendu bête, le maintient en vie. Le prisonnier ainsi veillé hait le garde taciturne. Mais, plus encore, il honnit les lois qui empêchent le bougre de glisser la clé dans la serrure et de tourner le poignet, libérant un « clic ! » retentissant suivi du grincement assourdissant de la lourde porte pivotant sur ses gonds.
Je ne hais pas Tsuki, bien au contraire. Pourtant, est-on bien sûr que la Haine soit l’inverse de l’Amour ? Toutes deux sont passions, toutes deux régissent le monde. Elles sont partout. Chaque être est à la merci de l’une, de l’autre, et de l’autre et de l’une, de l’une puis de l’autre…L’Homme est haine, l’Homme est amour. Le romantique aime l’homme, le venimeux le renie.
Moi, j’aime Tsuki, mais ne la hais-je pas, aussi ? Je n’en sais rien. Je me contente de maudire l’Etat français, l’autorité parentale, la majorité à dix-huit ans.
Bref, mon absence d’indépendance.
Et je me maudis. Parce que je suis une prison. Et une prison inclut prisonniers, geôliers, responsables, lois… Bon, mettons tout cela au singulier car, si je ne puis m’affirmer sain d’esprit, je ne suis pas schizophrène. C’est au moins ça.
J’oubliais ; dans une prison, il y a aussi les suicides.
Je manque tomber quand je sursaute, surpris par une brève coupure de courant. Je frissonne, étonné, au contact de l’eau devenue gelée d’avoir trop déversé sa moiteur engourdissante.
Le réel me rattrape du même coup, avec la rumeur de la télévision, le sifflement de la cocote-minute, et, rappelons-le, l’eau qui coule sans relâche. D’ailleurs, je commence à avoir sincèrement froid.
Je m’empresse d’éteindre le robinet et saisis, en tendant le bras, le drap de bain sur le porte-serviette. Je m’enveloppe en grelottant dans le tissu, qui aspire déjà une partie du liquide froid. Je me frictionne vigoureusement, me réchauffant tout en me séchant, la tête temporairement vidée.
Ce n’est que séché, habillé, que je remarque la couleur azur de la serviette éponge que j’ai remise à sa place. Je gémis. Faut-il donc toujours que Sa réalité me rejoigne ? N’est-elle venue au monde que pour que son esprit me guette, sans relâche, me poursuive ?
Pourquoi moi, bordel ! Qu’ai-je  fait pour que cette fée me traque ainsi ?
Oui, traqué, c’est le mot. Je suis comme un cerf acculé par les chiens, qui implore, larmoyant, la merci. A un détail près. Le seul chien qui me suive, c’est Sauron, et l’affectueux labrador n’a rien de menaçant. En fait, j’aimerais mieux être un cerf ; je ne serais pas poursuivi par des chimères.
Surtout que, non contentes de me pourchasser, mes chimères, elles, n’ont nulle intention de me mettre à mort. Et je pourrais prier tant que je le veux, elles se riraient de moi et  se délecteraient de mon désespoir démentiel.
Tel un zombie, je me dirige vers la salle à manger. Je dois avoir l’air mal en point, car mon père me jette un regard surpris.
- Et bien ? Tu es tout pâlichon.
- Hein ? Euh, je suis fatigué, c’est tout.
Il n’insiste pas et je m’installe à table. Je mange distraitement, et cette fois, c’est ma sœur cadette qui me dévisage d’un air étrange.
- Hum ?
- Depuis quand tu aimes le veau ?
 Interloqué, j’écarquille les yeux ; en effet, dans mon assiette, largement entamée, trône une tranche de rôti de veau. J’ai pourtant horreur de ça.
- Tu es sûr que ça va ? S’inquiète ma mère.
- Euh… En fait, je vais peut-être aller me reposer… Je peux ?
Elle esquisse un geste évasif, et je me lève comme un automate. En chaussettes, je me dirige d’un pas lourd et maladroit vers mon seul havre. Je ferme la porte de ma chambre derrière moi et m’étale de tout mon long sur le lit mal fait.
Aussitôt, la tête me tourne. Je garde avec peine les yeux ouverts, le décor tourbillonne autour de moi. Sur les murs, mes groupes préférés me regardent impassiblement. Je suis seul. Le monde m’abandonne face à moi-même. Mon corps ne m’obéit plus. Je demeure, impuissant, luttant toujours pour que mes paupières ne se ferment pas.
J’ai peur du noir. De ce noir-là, le noir qui se fait quand je fuis le visible. Ce noir sombre, mouvant,  ce noir incomplet, mais si profond, si cruel…
Ce noir teinté de bleu, ce noir éclairé d’images et de mots. Ce noir qu’Elle habite, l’indélogeable locataire de mon âme ! Je sais que je ne tiendrai pas longtemps les yeux ouverts. Elle m’appelle, ha ! La sirène ! Son songe chante pour me perdre ! Mais à quoi bon résister ? Nulle corde ne m’attachera au mât de la réalité, rien de tangible pour fuir l’insaisissable ! Son sourire silencieux éclaire par instants le plafond immaculé. Un sourire si beau, si pur… Je peux presque entendre le son cristallin de son rire…
Mes paupières… sont si lourdes… Le noir m’appelle… M’envahit… Son sourire… cruel… Je ne peux résister…
Je sens à présent la fièvre me ronger le crâne… Elle… me rend malade… Je n’en peux plus ! Je ne peux… résister… Impossible… de lutter…
Je suis aspiré par un siphon noir d’encre. Désorienté, je rouvre les yeux sur une plage déserte. Je peux presque sentir le vent me fouetter le visage. Le ciel est d’un gris de soie. Le sable est d’un gris de cendre. La mer est d’un gris d’acier. Je ne sais où aller. Quelque chose ne va pas, je le sens. C’est une douleur dans mon ventre, mon estomac noué me met en garde.
Soudain, je comprends. Je suis seul. Entièrement seul. Mon cœur desséché est vide. Mon âme tourmentée s’assèche. Où est… Où est qui ? Je… Je devrais me souvenir mais… Je suis incapable… De mettre le doigt sur ce souvenir qui me fuit… Il est proche…
Je le poursuis, je cours à en perdre haleine, mes pieds nus dans le sable glacé. Je trébuche, me relève, cours encore…
Je dois me souvenir…
C’est tout près… Je le sens… Je le sais…
Dans un ultime effort, je gravis une dune.
Je me souviens.
Un sourire éclate dans ma tête. Je tombe, brisé par la douleur. Cœur et âme se sont remplis si vite… Je suis comme chauffé à blanc, aveuglé, assourdi… Mes sens ne répondent plus… Je hurle… Ma voix n’est plus… Je roule sur la plage, nul n’arrêtera ma course, je le sais… Je prends de la vitesse… Je ne peux lutter… La mer approche mais je ne la vois pas… Elle m’absorbe et je ne la sens pas…
Je prends ma respiration… J’avale de l’eau…
Les poumons emplis, je suffoque, je crache, j’inspire…
Seule l’eau me parviens…
Je me noie ! Je…
Son sourire…
Un cri déchire mes tympans. Le mien. Je porte mes mains à ma gorge, horrifié. Je peux respirer.
Je me rends compte que je gis sur le sol. A côté de moi, ma couverture est froissée, le drap pend lamentablement, à moitié bordé…
Des pas précipités retentissent dans le couloir. J’entends une voix me héler avec inquiétude. Celle de ma mère.
- Alexandre ? Alexandre, ça va ?
Je suis surpris d’entendre mon nom.
- Oui, m’man, t’inquiète… Je… J’ai fait un cauchemar…
Je suis surpris d’entendre ma voix.
- Si tu préfères, aujourd’hui, tu ne vas pas en cours… J’appellerai le médecin ce soir.
Je me redresse en chancelant et jette un œil à mon réveil. L’écran digital indique : quatre heures cinquante-huit. Je suis trop épuisé pour me lever et trop perturbé pour me rendormir.
Je n’irai pas étudier aujourd’hui.
Je réarrange mon lit, me déshabille – je porte toujours les vêtements de la veille – et me laisse choir.
Le sommeil me saisit avant que j’aie touché le matelas.


Je gémis. Ma tête est si lourde… Mes muscles engourdis… Il est quatorze heures vingt-deux. La faim me taraude, mais mon corps ne m’obéit plus. J’ai dormi neuf heures de plus et j’ai la sensation d’avoir couru un marathon sans échauffement. Je me redresse avec peine. Un vertige me rallonge. Je reste ainsi quelques minutes encore. Je sens le sang battre à mes tempes, mon pouls agité résonne dans ma tête, m’irradie. Je finis par rouler péniblement et parviens à m’asseoir sur mon lit. Je me lève, fais deux pas mais un vertige manque me faire chuter. Je me traîne jusqu’à la salle de bain. L’eau me fera du bien. J’allume le robinet, attends que la chaleur vienne et verse du bain moussant. En attendant que la baignoire se remplisse, je me traîne jusqu’à la cuisine et me prépare du thé noir. Je regarde distraitement la vapeur s’échapper de la bouilloire, qui siffle déjà. Le sachet de thé se gonfle et remonte tandis que je verse l’eau brûlante dans ma tasse.
Je me glisse dans le bain moussant avec délectation. Les yeux mi-clos, je m’allonge en soupirant.


- La salope… Elle croit qu’elle m’aura, hein ? Petite pute… Elle pense que je vais me faire avoir… Hinhiiin… Il en faut plus pour me tuer… Hinhinhin… Des chimères… Elles ne m’auront pas…
Alexandre éclata d’un rire démentiel. Il lui sembla apercevoir une créature menaçante se dissimuler sous le lavabo.
- T’as raison d’avoir peur, ouais ! Planque-toi, non, fuis ! Et dit à la garce de me laisser, ok ? Qu’elle n’aura pas ma peau !
Il eut un spasme violent et bondit hors de la baignoire. Les pieds mouillés, il glissa et son épaule heurta la faïence. Un cri guttural jaillit de sa bouche.
- Arggh ! Je suis touché ! Mais TU NE M’AURAS PAS, TSUKI !
Vaillamment, il se redressa. Il se déplaçait en agrippant  meubles et portes, comme saoul. Au bout du couloir, un carré de ciel gris se détachait. A nouveau, un rire infernal retentit.
- Tu ne m’auras pas !
Et, s’armant de ses maigres forces, il saisit la poignée de la porte vitrée. Ses doigts gourds glissèrent plusieurs fois sur le métal poli, puis la porte s’ouvrit avec un léger grincement.
Nu, il se précipita sur le balconnet. Il faillit choir mais se retint à la balustrade. Au-dessous de lui, la chaussée habituellement bondée était presque déserte. Ricanant, il escalada la barrière. Bras écartés, yeux fous, il se laissa tomber dans l’air gris.


Je cligne des yeux. Où suis-je ? Il fait froid. Mais… Je tombe !


Un cri d’effroi retentit brièvement et s’éteignit aussitôt. Le garçon qui l’avait poussé gisait, disloqué, sur l’asphalte. Il venait du cinquième.
Des pneus crissèrent. Une Clio bleue pénétra dans un magasin de prêt-à-porter, sous l’œil étonné de la vendeuse.





 

Carton à Toulon      
Hier matin, un adolescent a mis fin à ses jours en se jetant, entièrement nu, du balcon de l’appartement qu’il occupait avec ses parents, au cinquième étage d’un immeuble. Bilan ; 5 morts, 2 blessés graves.Une mère de famille a trouvé la mort en donnant une embardée afin d’éviter le corps, fauchant ainsi un couple de retraités. La petite Clio a fini sa course dans un magasin de prêt-à-porter féminin. La vendeuse a péri dans l’accident. A l’arrière de la voiture, les deux enfants, âgés de cinq et huit ans, sont dans un état critique.Tsuki prit une longue inspiration, tremblotante. Elle partait dans une heure pour le Japon. Mais avant, elle avait quelque chose d’important à faire.Elle dirigea son curseur vers le nom : Alex’ (Hors ligne). Ses mains prestes martelèrent le clavier tandis qu’elle écrivait :      « Alex, je pars pour trois semaines, ça te laisse le temps de réfléchir à ce que je vais te dire.
      Ce n’est pas facile et j’espère que tu ne le prendras pas mal.
      Voilà, je t’aime. »
L’adolescente ferma précipitamment la fenêtre de Messenger après s’être déconnectée.
Elle appréhendait déjà la réponse.

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Dernière édition par Axelle le Sam 13 Fév - 23:29 (2010); édité 1 fois
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MessagePosté le: Sam 13 Fév - 23:26 (2010)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Sam 13 Fév - 23:27 (2010)    Sujet du message: Nouvelle pour le Concours Claude Nougaro (MidiPy Only) Répondre en citant

'tain faut du temps pour aller en bas de la page Mr. Green
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MessagePosté le: Dim 14 Fév - 10:45 (2010)    Sujet du message: Nouvelle pour le Concours Claude Nougaro (MidiPy Only) Répondre en citant

Oui ......et ben comment dire......c'est pas gai comme fin  Twisted Evil Twisted Evil Twisted Evil
Mais bon quelle imagination chapeau bas Okay
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parti essayer un autre serveur
===> http://heavenworld.servegame.org/
Jetez un coup d'oeil ^^


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MessagePosté le: Dim 14 Fév - 10:55 (2010)    Sujet du message: Nouvelle pour le Concours Claude Nougaro (MidiPy Only) Répondre en citant

Oui la fin a fait l'unanimité chez les sadiques... Mais j'me suis bien amusée pour l'écrire :mrgeen: si j'avais eu plus de pages (la limite à 15 est emmerdante) j'aurais décrit la longue déchéance de l'individu... Là fallait que ça parte au quart de tour.
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MessagePosté le: Dim 14 Fév - 10:56 (2010)    Sujet du message: Nouvelle pour le Concours Claude Nougaro (MidiPy Only) Répondre en citant

(Yeah ton avatar Shocked  Mr. Green Mort de Rire)
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MessagePosté le: Mar 16 Fév - 20:04 (2010)    Sujet du message: Nouvelle pour le Concours Claude Nougaro (MidiPy Only) Répondre en citant

ach nien  je vais pas lire tout sa ... déjà après avoir tester ton autre histoire ... moi qui aime que le fantastique .... sinon d'après que j'ai pu voir effectivement tu c écrire au moin c plutôt bien enchainer et tout (tout le contraire de moi si j'écrivais il y aurait des idée mais en bordel ... )(sa se voie dans mes diserte .....
donc au final j'ai pas tout lu dsl peut être une autre fois si j'en ai le courage (et les yeux)  
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MessagePosté le: Mar 16 Fév - 23:27 (2010)    Sujet du message: Nouvelle pour le Concours Claude Nougaro (MidiPy Only) Répondre en citant

J'ai écrit un bouquin d'héroïc fantasy, mais au bout de 200 pages dactylo j'ai saturé

La faute à Twilight tout ça

J'peux plus me piffrer le fantastique

'fin sauf s c'est en arrièreplan

Maintenant je lis que des trucs gores et sexuels  beaucoup plus marrant Mr. Green
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Margot


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MessagePosté le: Jeu 18 Fév - 10:39 (2010)    Sujet du message: Nouvelle pour le Concours Claude Nougaro (MidiPy Only) Répondre en citant

enooorme nan sérieux total respect Mr. Green

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Axelle
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MessagePosté le: Jeu 18 Fév - 10:52 (2010)    Sujet du message: Nouvelle pour le Concours Claude Nougaro (MidiPy Only) Répondre en citant

T'as lu djà =O woha xD
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MessagePosté le: Jeu 18 Fév - 10:57 (2010)    Sujet du message: Nouvelle pour le Concours Claude Nougaro (MidiPy Only) Répondre en citant

bin oui patate je l'ai lu tout a l'heure tu sais quand tu me prenais pour une noob qui sais pas se servir d'un ordi Mr. Green Mr. Green

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MessagePosté le: Jeu 18 Fév - 11:31 (2010)    Sujet du message: Nouvelle pour le Concours Claude Nougaro (MidiPy Only) Répondre en citant

Ah oui, ce moment-lààà !! xD
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:46 (2018)    Sujet du message: Nouvelle pour le Concours Claude Nougaro (MidiPy Only)

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